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mercredi 12 juillet 2006

Voyages (1/3)

Hier était fait de sombre mouvements,
Qui hantent lascivement les rêves,
Ce naguère se nourrit de tourments,
Pas de guerre donc pas de trêve ...

Une araignée d'or, un corbeau gris,
Un compas, une enfant qui pleure,
Un chameau, une souris endormie,
Une pleurote, un conteur.

Frêle esquif en partance pour les cieux,
Des planches branlante, des cordages brunis,
La poussière noire des étoiles en feu,
Porté par des voiles lacérées, meurtries.

Un vaste océan de cendres déchiré,
Des nuages de braises ardentes,
L'angoissante solitude de l'immensité,
Les airs fendus par une viole larmoyante.

L'enfance du peut-être, l'amertume du jamais,
Le néant, seul réconfort à une destinée incertaine,
Des bras tendu vers le vide, ancres désolées,
Qui se referment sur des visions lointaines.

Mais c'est de cette unité que naquit le beau,
Les désillusions portèrent des espoirs,
Le passé s'étiole, fleur d'un renouveau,
Beaucoup connaissent leur dernier soir.

mercredi 6 avril 2005

Égarrements (4) ...

Le crépuscule avait passé,
Prémisse d'une nuit éternelle,
Midi et minuit se confondaient,
L'obscur seul pour ciel.

L'horizon n'est plus qu'un vague souvenir,
Porté par les sombres relents d'un jour à finir,
Fi de plaines infinies qui s'étalent paresseuses,
Ici règne exiguïté, arraché au roc, en rien oiseuse.

De cette sinistre voûte à l'écrasante majesté,
Inopinément parut essence exacerbée,
Des ténèbres se révélèrent ténèbres plus sombres,
Comme si du rien avait naquit ces ombres.

Exquise curiosité qui balance le coeur,
Vers les plus lointains recoins de sa noirceur,
Par trop imbu de sa maigre puissance,
Vint sot espoir de dominer cette engeance.

Mais le néant est un père sans fils,
Et d'aucun ne peut s'en prétendre enfant,
Le sombre c'est de lumière qu'il se nourrit,
Il n'est aucun fil tendu vers le néant.

Aussi se fut un autre lien qui rompit,
Celui qui au ciel l'oiselle rattachait.
En nouvelle demeure, elle s'établit,
La Soleil à jamais oublié.

Ô toi oiseau qui aimait à voler haut,
Quelle est donc cette indicible peine ?
Que vois-tu dans ce flambeau ?
Doutes et remords te malmènent.

Souvenirs d'une autre vie rêvée,
Découverte de son engeance oubliée,
Alors qu'insidieusement naquit déjà,
L'envie de percer ce plafond trop bas.

lundi 28 février 2005

Beginning to see the light ?

Sur la plaine embrasée par les derniers feux du jour,
Se dessinaient des formes fantasques, improbables chimères,
Et alors que s'éteignait lentement les espoirs alentours,
Il apparut que chaque ombre avait pour père une lumière.

vendredi 7 janvier 2005

Égarements (3) ...

Depuis longtemps, l'aube était passée,
Sous un horizon vierge de nuage,
De sa superbe, la Soleil dardait,
Des rayons sans voilage.

Désir de goûter au fruit,
De concéder ce moindre pêché,
Dans ces bois, s'exprima l'envie,
De cette simple façon d'aimer.

Aussi la pomme fut croquée,
Emplissant de douceâtre saveur,
Une bouche alors habituée,
À plaisirs moins charmeur.

Mais songes d'été sont éphémères,
Et malgré leur abord exquis,
Douces façades ont parfois revers,
Ne se dévoilant qu'une fois épris.

Ainsi la chaleur caressante,
Réchauffa le blafard plumage,
La Soleil en perfide amante,
Dissipa tout ombrage.

Le plumage fit feu,
Étoile filante du midi,
Qui s'abîme depuis cieux,
Jusque terre et nuit.

Oiseau de nuit,
Que brûle la lumière,
De nouveau honnit,
Cette étrangère.

Les vertiges d'un été,
Laisse des souvenirs amers,
Illusions regrettées,
Lorsque sombre l'hiver.

jeudi 16 décembre 2004

Égarements (2) ...

Le crépuscule était lointain,
La lune bientôt voilée,
L'aube du lendemain,
Un timide soleil révélait.

Des plaines verdoyantes,
De ses rayons, il caressait,
En couleurs chatoyantes,
La nature se dévoilait.

Jouissance du jour naissant,
Pour première fois, s'offrait à elle,
Se découvrant comme enfant,
À s'étonner face à merveille.

Dans les montagnes égarée,
Elle ne tarda pas en triste demeure,
Car c'est sous couleurs diaprées,
Que se présenta village enchanteur.

Mielleux parfums, florilège de saveur,
Participent au plaisir des sens satisfaits,
Laissant cela, dévouée, elle eut à coeur,
D'apaiser l'affliction d'une amie révélée.

Délices d'une vie nouvelle,
Sous un azur éclairé,
S'hasarder au songe d'un éternel,
Où bonheur arrive à satiété.

Oiseau de nuit, naguère,
Avec ténèbres pour sigisbée,
Maintenant être de lumière,
Par la Soleil supporté.

Expression d'un idéal retrouvé,
D'un rêve jusqu'alors banni,
Qui dans l'instant s'efforce à voiler,
Amertume de sentiments enfouis.

mardi 7 décembre 2004

Égarements ...

Le crépuscule était lointain,
La lune à sa première moitié,
L'aube encore pour le lendemain,
Le soleil demeurait oublié.

La laiteuse de sa diffuse lueur,
Sous un jour dérangeant, révélait,
Un castel fascinant, à cette heure,
Où le silence régnait.

Étranger à cette beauté,
Oiseau de nuit s'égare,
Par le hasard mené,
À découvrir sa robe blafard(e).

Dans les voluptueuses nuées,
Noirâtre mer aux blancs cols,
Les froids vents emmêlés,
À peine altèrent son vol,

Il fallut que fortune s'y mêle,
Et projetée par bourrasque,
La chouette fit face à elle,
Cette douce lumière masquée.

Dans cet océan de brumes,
Îlot pour s'y réfugier,
Cette lucarne qui s'allume,
Fascine l'être ailé.

Oiseau de nuit,
Qui craint la lumière,
Ce qui fut fuit,
Maintenant vénère.

Grisé par l'illusion de la découverte,
Ou par réelle adhésion animé,
Fi de ces ténèbres inertes,
Voila dans la lumière versé.