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Arkenblog, un blog de glace canadienne

Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien...

Eh bien voilà, 6 mois de blog intensif (c'est le cas de le dire), une nouvelle année qui commence, presque un an de présence au Canada et les choses se remettent en question toutes seules.

Je n'ai plus l'oeil neuf sur le Canada que je pouvais avoir il y a quelques mois encore, et je n'ai plus la manne de sujets de discussions que j'avais pu amasser afin d'en parler ici... Ma petite feuille de sujets que je remplissais et biffais en allant, depuis quelques semaines, ne fait que se voir barrée de tous côtés sans se remplir en contrepartie. Je ne parle plus guère que du temps qu'il fait (exécrable, au demeurant, actuellement), et je doute que cela puisse faire sérieusement avancer un blog très longtemps. Je n'ai plus l'envie d'écrire ici sur une base aussi régulière et je ne veux pas que ce blog se transforme en récit de ma vie au jour le jour du type "debout mangé travaillé déprimé couché" juste parce que la règle est qu'il faut écrire, remplir le vide de l'inspiration envolée : cela ne collerait pas à ce que je veux faire de ce blog.

Certainement, je suis loin d'avoir fait le tour de tout ce qu'on peut voir ou remarquer ici, mais je n'ai plus envie de chercher et de raconter tout ça aussi souvent... L'écriture sur ce blog est devenue une corvée plus qu'un plaisir, et je n'ai pas envie de gâcher le temps libre que j'ai pour quelque chose qui ne m'amuse plus vraiment. Peut-être reviendrai-je écrire ici de temps à autre, mais ne vous attendez pas à un retour à la normale de mon rythme de parution, je ne voudrais pas vous laisser de faux espoirs ou me bercer de vaines illusions.

J'espère que vous aurez pris plaisir à me lire tout aux long de ces 6 mois, autant que j'ai aimé vous raconter mes remarques. J'espère que certains d'entre vous ont trouvé l'envie de venir voir le Canada en lisant ce que je racontais. J'espère avoir décrit aussi fidèlement que ma subjectivité d'expatrié me le permettait ce que j'ai pu rencontrer...

Maintenant, je m'en vais vaquer à d'autres choses qui me tiennent à coeur, je vais doucement attendre que mon séjour ici se termine (encore 7 mois de contrat), et puis je vais laisser ce blog en ligne comme formidable preuve de mon passage sur ce continent... et comme souvenir immortalisé que, j'en suis sûr, je prendrai du plaisir à lire et relire.

Meilleurs voeux à tous, et que 2005 voient vos projets de voyages ou d'expatriation se réaliser !

(titre: extrait de Avec le Temps, Léo Ferré)


Une plume sous le sapin

Les fêtes de fin d'année approchant, je me dis que même si je ne pars nulle part en vacances, et que vu que beaucoup de monde sera par monts et par vaux, je vais m'octroyer une période bien plus dilettante vis à vis de ce blog. Alors je ne sais pas si je bloguerai comme d'habitude ou si je ne posterai aucun billet dans la semaine et demie à venir, mais au moins vous êtes prévenus. Les plumes électroniques aussi ont besoin d'un peu de repos, et je m'en vais prendre le mien incessamment.

Je vous souhaite à tous les meilleures fêtes de fin d'année que vous puissiez imaginer, un joyeux Noël et une bonne et heureuse nouvelle année.

En espérant qu'il en soit de même pour moi.


Noël

Voilà donc Noël qui s'approche, tout doucement, sûrement, dans quelques trois jours, maintenant... Avec Noël, les festivités qui s'organisent, les chocolats qui font fureur, je peux à nouveau considérer le pays où je vis, depuis maintenant presque un an, sous un oeil nouveau. Comment un pays aussi multiculturel gère-t-il cette période de l'année?

Cela va de l'indifférence complaisante à la manie maladive des festivités. Pour ces cultures pour qui cette fête ne représente absolument rien, que ce soit pour des raisons religieuses ou même sociales, dont la tradition même leur est un tant soit peu étrangère, il faut composer avec, intégrer l'idée même de ces lampions, ces confiseries et ce raz-de-marée commercial que le Canada, en bon pays occidental, leur impose. Il est bien difficile d'ignorer même la fête : boutiques fermées, jours fériés en pagaille, personne ne peut prétendre ne vouloir en entendre parler. Et l'excitation qui règne absolument partout ici entraîne même les plus dépaysés des immigrants.

Alors ils s'adaptent, quitte à pulvériser de bonne foi les principes et les clichés traditionnels les plus établis. Ils ne sont pas chrétiens, pas même issus des contrées aux origines judéo-chrétiennes, et pourtant, quand il s'agit de Noël, il font front tous ensemble, avec notre volonté de réjouissances, tant que ce passage de l'année leur est devenu aussi indispensable qu'il l'est pour nous.

Noël ! Partout, à toutes les sauces, à tous les goûts, on nous propose de la fêter, de la préparer, de la passer. Et il y en a, des déclinaisons à découvrir : le Père-Noël indien, avec son habit rouge de bon vieux père Noël, mais avec le bonnet rouge et blanc par-dessus son turban fait la une des journaux, et il mange avec des baguettes un repas de Noël à des milliers de kilomètres de la dinde traditionnelle. Le décalage est saisissant, mais fort enrichissant... L'exemple est marquant, mais de façon plus subtile, on peut croiser bien d'autres incongruités rafraîchissantes, dans cette Amérique prête à tout tenter. Et personne ne s'en offusquera outre mesure, ne seraient-ce les ferventes communautés religieuses qui condamnent, bien entendu, tout écart de ce style au sacro-saint rituel de la Nativité.

Bien entendu, les églises chrétiennes qui parsèment en pagaille le paysage vont avoir leur rôle à jouer dans cette fête, mais bizarrement, à moins que je n'aie inconsciemment ignoré les faits, on n'en entend que fort peu parler. Serait-ce que la fête aurait éclipsé la raison historique et religieuse? J'en doute pourtant fort, tant les courants religieux sont nombreux ici et bien implantés dans la culture des habitants.

Depuis un mois, tout s'est mis à l'heure de Noël : radio, télévisions, bureaux, entreprises... La déferlante commerciale pourrait bien, en revanche, avoir masqué la perspective de la célébration religieuse. Comme partout dans nos pays occidental, mais ici plus qu'ailleurs en europe, c'est la saturation. Produits estampillés Noël, commerçants habillés autant que leurs boutiques pour Noël, tradition énorme des cartes de voeux pour Noël, idées de cadeaux de tous genre et pour toutes les cultures pour Noël, toute la décoration et la vaisselle spéciale de Noël s'étalent dans les rayons des supermarchés, jusqu'à écoeurement, comme souvent lorsqu'il s'agit de la chose commerciale ici...

En parlant d'écoeurement... je suis sûr que je vais encore avoir le droit à de la dinde et de la purée, moi, pour Noël !

Que mangeait-il, déjà, le père Noël indien? Non, parce que je pourrais être intéressé... essayer la version canado-indienne de Noël, pour changer, pourquoi pas?

Histoire probablement à suivre après les fêtes, pour faire le bilan et comparer mes idées avant et après sur la chose.


Observateurs internationaux

Dans le cadre des événements irakiens (vu que la guerre est finie, d'après ce qu'ils ont dit à la radio), le Canada se refuse sagement d'envoyer des soldats pour éviter de s'embourber et de plomber sa réputation de pays médiateur.

Donc, du coup, ils vont envoyer des tas d'observateurs internationaux et de spécialistes du déroulement d'élections pour aider à mener à bien les élections.

Je me demande bien qui sera assez fou pour y aller, pour prêcher le vote imposé par un autre, et sans armes. Il va falloir désigner des volontaires?

Parce que bon, les gens qui appartiennent à des pays qui "ne se sont pas engagés dans la guerre en Irak", on les garde quand même environ 124 jours en otage...


Un air de fête

Il règne au bureau comme une atmosphère délétère, une sorte de tension ambiante palpable qui penche dans son ensemble vers la semaine de congés de Noël. Les gens sont effroyablement en retard, que ce soit les employés ou le chef de service, le niveau de productivité se trouve au plus bas. Les discussions partout vont meilleur train que le rythme de frappe des claviers. La tête est ailleurs, c'est évident. Chacun scrute sa montre entre deux déconcentrations venant de tel ou tel collègue en mal de faire son petit effet comique. On dirait une classe, sage certes, mais fort peu attentive à ce que peut raconter le professeur tant ce qui se passe dehors importe plus que ce que l'on peut faire à l'intérieur. Et puis, c'est un vrai zoo , le bureau, en ce moment. On retrouve des souris qui courent partout, se fraient un passage dans les boîtes de biscuits, squattent le distributeur automatique et éventrent les paquets de chips, courent dans les labos et sous les bureaux, se font faire la chasse par la moitié des employés, se retrouvent prisonnières des corbeilles, séquestrées (et nourries) par d'autres employés...



Je suppose que c'est ce qu'il arrive lorsque les employés d'un entreprise ont dû subir des cadences fort pénibles pendant des mois durant et qu'ils arrivent tous au bout du rouleau, voient la semaine de congés qu'ils attendaient tant s'approcher à grands pas...

De mon côté, je n'échappe pas à la tendance générale, et mon esprit est plus à organiser mes vacances, essayer de me caser dans le plus d'endroits possibles afin de ne pas passer de vacances moroses, terré dans mon appartement sans voir personne. C'est plutôt bien parti, d'ailleurs, mais cela réclame une certaine attention que je ne peux plus mettre dans mon travail. Quel dommage !


Du côté du mercure

J'ai eu ouïe dire que la France s'attendait à une forte vague de froid dans les jours à venir, et que de nombreuses mesures étaient enclenchées pour contrer les effets engendrés par ces frimas.

Et là je dis :

"Ah ! Ah ! Ah ! Laissez-moi rire."

Température mesurée par mon thermomètre extérieur collé contre le mur : -18.8°C.

Température annoncée par le thermomètre de la station météo de Peterborough : -23°C.

Température ressentie annoncée par meteomedia.ca pour la ville de Peterborough : -32°C.

Température annoncée pour demain matin par meteomedia.ca pour la ville de Peterborough : -27°C.

Température annoncée ressentie pour demain matin : -39°C.

Bon, ça yest, ça descend plus? Pitié? Si? Pfffffff.

Ça ne me servirait à rien d'agiter le drapeau blanc, dans la neige, on ne le verrait pas.


Leçon de Savoir vivre

Version française :

Le sol est glissant et boueux, la neige plus ou moins fondue cache des pièges retors pour les piétons. Lors de la traversée d'une rue, il faut enjamber le talus de neige durcie repoussée par les chasse-neiges pour mettre les pieds dans les flaques sur la rue. Lorsque l'automobiliste qui a un stop arrive en même temps que vous à l'intersection et s'arrête au stop, passage pour piétons délimité ou pas, il vous coupe le chemin. Par conséquent, vous faites un détour par l'arrière de la voiture pour la contourner et repatauger dans la boue de l'autre côté de la rue. L'automobiliste français, au point mort, prendrait même un malin plaisir à relâcher son frein pour faire redescendre sa voiture en arrière et vous faire faire un bond pour l'éviter. Évidemment, cela l'amuse beaucoup et vous le maudissez jusqu'à la septième génération.

Version canadienne :

On reprend les mêmes protagonistes, et on revient au moment où vous, en tant que piéton, et l'automobiliste, arrivez en même temps à l'intersection. L'automobiliste vous voit, il change de rapport, recule de 3 mètres, et vous incite à passer devant lui. Vous regardez des deux côtés de la route pour vérifier que personne n'arrive, et vous traversez la rue sous sa protection, en lui adressant un signe de tête d'approbation et de reconnaissance, qu'il vous rend élégamment.

Alors, qui des deux automobilistes est le plus "raffiné", hein?


Dreams are my reality...

Cette nuit, dont il me fut bien difficile de sortir, soit dit en passant, il m'est arrivé quelque chose d'inattendu, bien qu'après tout assez logique.

Je dormais depuis près de 4 heures d'un sommeil de plomb, et je rêvais à je ne sais quelle improbable situation dont seuls les songes ont le secret, quelque chose comme : je suis dans la chambre de mes parents, en France, affairé à remplir des valises étalées sur leur lit, en discutant avec un de mes collègues de bureau (je vous avais dit que c'était improbable). Nous causions de hockey et de patinage, de grève et de maillots de hockeyeur, et puis doucement, est venu s'ajouter à cette pensée la sourde impression que quelqu'un tambourinait à une porte.

La sensation s'est confirmée qui m'a sorti du sommeil presque tout à fait, en achevant mon rêve, banal si je ne m'étais aperçu de ce qui m'arrivait...

Les derniers mots que j'ai eu l'occasion de répondre à la copie onirique de mon collègue étaient ceux-ci :

" - Because I don't need them !"

Il s'est avéré que mon voisin cognait à la porte de son appartement pour que sa femme lui ouvre, vers deux heures du matin : il avait dû oublier ses clefs, et a réveillé tout le voisinage par la même occasion.


Lost In Translation

Je vous ai déjà parlé de Lost In Translation dans des billets antérieurs, mais je ne peux pas m'empêcher d'en faire un billet à part entière.

Comme les héros du film, je me suis perdu dans les méandres de Tokyo et la découverte éclair de la culture japonaise, que ce soit traditionnelle ou ultramoderne, je me suis déchiré entre deux extrêmes, amour, amitié, rigueur sans concession, débauche complexée ou déridée. Je me suis amusé à suivre leurs errements dans la megalopole nocturne, comme poussé vers les néons des bumpers d'un flipper géant, qui aura eu le temps de ce film, des airs de cité nipponne.

Et puis j'ai senti l'abandon, l'ennui, le mal de vivre d'un hôtel où l'on reste là où les gens courent, passent une nuit et puis s'en vont. J'ai souffert au fond de moi les affres du décalage horaire, saupoudré par-dessus un contraste saisissant de mode de vie, déboussolant pour le moins. J'ai suivi avec la plus grande attention les interrogations du plus vieux, les doutes de la plus jeune, encore et toujours déchiré par le fossé qu'il pouvait y avoir entre ces deux personnes.

Ce film, c'est une histoire de contraste, de rupture, pour tout, une perte de repères particulièrement destructurante, dans une atmosphère particulièrement matérialiste. Il n'y a que les deux héros qui se posent des questions, dans ce film, que ce soient les amis, les autochtones, ceux qui sont restés au loin... Tout autour d'eux n'est que superficiel, insignifiant, et les voilà qui se retrouvent dans leur bulle, ailleurs, ballotés, dans la cohue, toujours renvoyés dans toutes les directions, sans savoir comment ils vont rebondir le jour d'après.

Derrière tout ça, le spectacle en met plein les yeux : couleurs, photo, ambiance tantôt trépidante, tantôt minimaliste, on jongle avec les atmosphères et leurs ruptures de tons brutales. L'excursion à Tokyo qui nous est livrée ici livre une fresque actuelle d'un Tokyo sur lequel on met enfin des images jeunes, sans tomber dans le documentaire. On est pris dans la farandole des clichés, forcément un peu vrais, dont on a même pas forcément l'impression qu'ils sont même toujours exagérés. Les personnages annexes sont hauts en couleurs, jamais neutres, toujours sourires, comme anesthésiés par leur vie... Ils sont filmés très dynamiquement, là où la caméra ralentit pour s'apesantir sur le couple principal.

On rit, on doute, on s'extasie devant la beauté plastique des images, on s'informe toujours sur les moeurs de ce pays lointain et mystérieux... Que l'on croit connaître un peu, orgueilleux et vaniteux que l'on peut être. Ce que ce film donne n'est qu'une série de clefs pour le découvrir, mais ne peut en aucun cas passer comme une description objective et exhaustive de cet autre monde dans lequel sont débarqués les héros sans aucune des clefs que l'on découvre en même temps qu'eux.

Et puis l'on écoute ce qu'ils disent succéder à la bande originale, magistrale, aussi fraîche et jeune que le reste de l'oeuvre, achevant de placer ce film parmi les tout meilleurs qu'il m'a été donné de voir. Un film jeune, actuel, frais...


Du rab de photos

Ce midi, comme il y avait du rab à la cantoche, je ne vais pas faire l'égoïste et je vais vous offrir quelques photos de neige supplémentaire, rien que pour vos beaux yeux.

Partons sous la neige

Maison 1

Maison 2


Geeeeeeeeeeeuuuuuh (imaginez vous la figure du guignol de François Hollande et ses yeux de merlan frit)

Ce midi, c'était repas de Noël "brought to you by The Red Dog". C'est gratuit et cadeau de l'entreprise, donc je me suis dirigé vers la mini-cafétéria et j'ai fait la queue comme tout le monde pour avoir mon repas. Dès le matin, j'ai entendu des gens qui annoncaient que 'hummmmm, ça va être excellent..." et que vu le menu, on allait se régaler.

Soit. J'ai appris à me méfier de ces affirmations définitives et à modérer ces propos relativement à ce que je peux considérer comme un repas de fête par delà l'océan, dans l'hexagone. Mais je suis naïf, voyez-vous, et je ne veux heurter personne par des remarques déplacées, alors j'y suis allé avec le sourire tout de même.

A l'entrée de la cafétéria, sourire des employés, odeur particulièrement attirante/odeur de cantoche les jours de purée Mousseline selon les sensibilités. Au menu, dans des grandes cuves de collectivités : assiette en plastique, serviette en papier, couverts en plastique, dinde, dinde, dinde, dinde, purée, purée, purée, sauce gravy, salades mayonnaise, carottes, et un morceau de gâteau. Et un petit pain pré-beurré. On pouvait même se resservir après que tout le monde ait été rassasié au moins une fois. Un repas de cantine, je vous dit, avec du rab...

Et au bout de la queue, ma DRH, qui me demande, le plus sérieusement du monde : " Alors, Arkenlond, est-ce qu'on vous sert des repas aussi bons en France? "

Mais qu'est-ce que vous pouvez bien trouver à répondre à ça pour ne pas choquer? Autour de moi, les employés étaient ravis, considéraient ce repas comme une fête...


Des jambes et des couleurs

J'avais vu ça sur le site de Veuve Tarquine, ça date d'un petit moment, déjà.

Et puis, je me suis acheté des patins à glace. Il n'y a pas de rapport avec le fait de montrer ses jambes au monde entier, mais l'idée est que je n'ai pas resisté à l'envie de m'acheter ces chausses, moi aussi... Et de vous les montrer

Et je me suis dit : "et pourquoi pas mes guiboles particulièrement (pas) sexy (du tout), pendant qu'on y est?"

Chiche :

Des jambes à patins

Je revendique le droit, au même titre que cette respectable dame, de montrer mes jambes patinées où je veux. Et si ça ne vous plaît pas, c'est tant pis !


What the ...?

Entendu au bureau aujourd'hui, cette remarque très fine :

"Il y a deux choses que tu dois faire pour qu'on te considère comme un vrai canadien :
- patiner
- faire l'amour dans un canoë"

Pour la première partie, ça va, je m'y emploie.

Pour la seconde, je sens que ça va tomber à l'eau.

Va savoir pourquoi.


Patins

Il ne s'agit pas là d'une façon de vous signifier que j'ai pu embrasser qui que ce soit, mais juste que subséquemment à l'achat d'une paire de patins à glace, je suis allé jouer les terreurs des patinoires au Memorial Center de Peterborough, la patinoire qui accueille l'équipe professionnelle des Petes de Peterborough (on remarquera que ces gens ont eu beaucoup d'imagination lorsqu'ils ont choisi ce nom). Cette équipe joue en OHL (Ontario Hockey League) et pourrait, cette année, jouer les séries ce cette ligue.

Bref, là n'est pas mon propos. Je parlais plus haut de terreur parce que mon niveau de patinage excède juste d'un peu la maîtrise des français de l'art de la glisse sur glace, et que pour m'arrêter dans mon avancée, il y a le salto avant éclaté ou l'opposition brutale, mais volontaire, le long de la balustrade. Cependant, sur une heure que j'ai passée à patiner, j'ai réussi à ne mettre les genous à terre que 4 fois sur des manoeuvres un peu hasardeuses... Je suis fier de moi, pour le coup. Mes collègues m'ont doublé plusieurs fois, certes, et les enfants de mes collègues m'ont aussi doublé plusieurs fois, en marche avant, en marche arrière, en dérapage ou en balançant un peu de glace qu'ils ramassaient par-terre sans se ramasser eux-même; mais que diable, il faut bien que le métier rentre !

De toutes façons, je ne risquais rien, avec la Reine d'Angleterre qui me regardait depuis un énorme portrait accroché au plafond de la patinoire.

Expérience à reproduire assurément.


Tôoooooombeuuuuuh la neiiiiiiiigeeeeeeeeeuuuuuuuh (air connu)

Comme je vous l'ai dit dans mes billets précédents, la neige est arrivée. Tout d'abord timide, certes, il faut bien l'admettre, mais quand on n'a pas d'éléments de comparaison (ou qu'ils datent de quelques mois), on est tout émoustillé quand il est tombé ça :

Un tout petit peu de neige

Oui, bon, d'accord, on voit à peine qu'il a neigé. C'est tout juste si sur les pare-brises, il n'y a pas quelques flocons qui font de la résistance. Et vous les voyez parce que je vous le dis. Ils ne sont pas restés longtemps, oh, quelques heures après, c'en était fait d'eux. C'était le 25 Novembre.

Et puis le lendemain, on a eu le droit à du plus sérieux :

Un peu plus de neige

Là, quand même, c'était déjà plus sympatique, et elle a tenu toute la matinée et un peu de l'après-midi avant de se transformer en boue classique.

Mais évidemment, les gens du cru me répétaient que je n'avais encore rien vu. Effectivement, je n'avais pas encore vu la pluie verglaçante quelques jours après.

Et surtout, je n'avais pas vu ce qui est tombé ce week-end, et qui tombe encore à l'heure où je vous parle. J'ai pris quelques photographies en rentrant de ma Christmas Party de la nuit de vendredi, mais j'ai dû en laisser de côté un bon nombre, parce que vos critères de photo de qualité et de photo bougée ne sont pas les mêmes après quelques verres qu'à la normale. Cependant, j'ai pu en tirer quelques-unes qui valent le détour. Vous auriez dû voir ce ciel, ces couleurs de ciel, bleu sombre, tirant un peu sur le vert, ou l'ocre ailleurs, dense, intense, entredéchiré de zones un peu plus claires. Une atmosphère bien particulière que cette nuit sous les lueurs blâfardes des lampadaires, je vous le dis...

L'arbre et le ciel

Sombre nuit de neige

Les photos sont sans flash, j'ai dû modifier la luminosité de la seconde, dites moi ce que vous en pensez, des fois qu'on puisse améliorer les choses. Je n'ai pas de pied, donc les poses longues, j'ai du mal (et, oui, l'alcool et l'immobilité ça fait deux... j'arrête, on va croire que j'étais complétement beurré, suffisamment beurré pour chanter l'Internationale au Ukulélé dans la rue, ce serait un comble).

Dans le parking

Dans le parking 2

Et les deux dernières photos, c'est ce soir, presque en direct de ma fenêtre.

J'espère que vous avez marché avec moi dans la neige pendant quelques instants, que vous avez foulé la neige fraîche, emmitouflés dans votre écharpe, que vous avez pris tout le plaisir que j'ai pris à écouter le bruit des cristaux de neige crisser sous mes pieds...

Des pas...